comment savoir si je suis plutôt timide ou introverti
Comprendre

Etes-vous plutôt timide ou introverti ?

On a souvent tendance à confondre timide et introverti. Pourtant ces deux notions ne vont pas forcément de pair. Cet idée d’article m’est venue alors que je me baladais sur le blog de Julien qui aborde la notion d’introversion de manière simple et réfléchie. Il est important de faire la différence entre la timidité et l’introversion afin d’être au clair avec soi-même et avec les autres et de ne pas se catégoriser ou catégoriser autrui dans une case qui ne correspondrait pas à la réalité.

1. Pourquoi sommes-nous timides et/ou introvertis ?

La timidité est un phénomène très complexe car ses causes sont multiples et diffèrent selon les individus. En premier lieu, il pourrait exister une vulnérabilité génétique. Aucun gène de la timidité n’a encore été identifié mais certaines recherches scientifiques ont mis en évidence l’existence de certaines prédispositions à la timidité, comme le fait d’être très impressionnable.

L’environnement familial au sein duquel l’enfant se développe joue lui aussi un rôle important sur le développement d’une timidité. Des parents timides peuvent transmettre leurs angoisses et des parents trop sévères peuvent empêcher l’enfant de s’affirmer face aux autres. Enfin, des évènements difficiles vécus dans l’enfance et pendant l’adolescence – remarques blessantes, échecs et moqueries – peuvent laisser des traces sur l’estime de soi et la confiance en soi et engendrer une timidité durable.

L’introversion s’expliquerait en grande partie par des causes génétiques, mais aussi par des expériences de vie propres à chacun. Les personnes introverties sont souvent plus sensibles que les extraverties. En effet, des études scientifiques ont montré qu’une partie de leur cerveau, l’amygdale qui joue un rôle important dans la régulation des émotions et notamment dans les réactions de peur et d’anxiété, était plus réactive que chez les extravertis.

Ils sont ainsi plus réceptifs aux stimulations extérieures. Ainsi, un enfant introverti élevé dans un milieu éducatif maltraitant aura davantage de chances de développer une anxiété sociale ou une faible estime de soi qu’un enfant extraverti, élevé dans le même bain éducatif mais moins sensible à son environnement. Cette sensibilité explique aussi le fait que certaines personnes introverties peuvent plus facilement développer une timidité au cours de leur enfance et/ou adolescence que les autres.

2. Les manifestations

La timidité se manifeste sous la forme d’une certaine réserve, un repli sur soi, une gêne plus ou moins forte ainsi qu’un sentiment d’insécurité, ces symptômes se manifestant dans des situations sociales, au contact des autres. Les personnes timides peuvent avoir une attitude craintive et un manque d’assurance face aux personnes qui les entourent mais elles peuvent également adopter une attitude agressive pour pallier un manque de confiance en soi. Elles évitent souvent les situations non familières car elles sont mal à l’aise quand elles n’ont plus leurs repères.

La timidité peut se manifester sur le plan physique par des rougeurs, un bégaiement, des sensations d’étouffement, etc. , mais aussi sur le plan psychologique par un sentiment d’incapacité à réagir dans certaines situations et par une focalisation extrême sur l’autre, objet de sa peur. La personne essaye de fuir le contact et peut aussi se dévaloriser par rapport aux autres, avec un sentiment d’infériorité.

L’introversion, comme la timidité, se manifeste elle aussi souvent par une réserve et une forme d’isolement. En effet, les introvertis sont davantage tournés vers leur monde intérieur que les extravertis qui sont eux plutôt orientés vers l’extérieur. Ainsi, les introvertis préfèrent les activités solitaires comme la lecture, le dessin, ou encore l’écriture, les interactions leur prenant beaucoup d’énergie. Malgré tout, ces individus peuvent prendre du plaisir à voir du monde de temps à autre.

Ils sont également très observateurs et préfèrent analyser les situations avant d’agir. Ainsi, ils sont souvent en retrait quand ils sont dans une situation non familière et observent avant de participer. Ils aiment réfléchir et analyser les choses et peuvent se concentrer longtemps sur une activité. Contrairement aux individus timides ou souffrant d’anxiété sociale, les introvertis n’évitent pas les situations sociales par peur ou par anxiété mais plutôt parce qu’ils préfèrent être seuls.

3. Les perspectives d’évolution

Dans la majorité des cas, la timidité s’estompe au fur et à mesure des années. Cependant, elle peut parfois être extrême et générer beaucoup de souffrance. C’est pour cette raison qu’elle doit être prise très au sérieux et faire l’objet d’un travail personnel si elle est devient trop handicapante, avant qu’elle ne mène à un isolement important voire à une dépression. Derrière la timidité se cache souvent une grande difficulté à accepter le regard des autres et le travail thérapeutique permet de travailler sur l’estime de soi et la confiance en soi.

Dans l’introversion, la forte réactivité de l’amygdale n’évolue pas ou très peu au cours du temps car c’est une caractéristique physiologique. Cependant, les introvertis peuvent apprendre à contrôler leurs émotions afin de ne pas se laisser submerger. Différentes techniques comme la sophrologie, l’auto-hypnose ou encore l’EFT pour ne citer qu’elles, permettent avec de la pratique une meilleure gestion de ses émotions. Ainsi de nombreux adultes introvertis parviennent à prendre la parole en public sans être envahis par le stress.

De plus, il est important de sortir régulièrement de sa zone de confort afin de s’entrainer à être plus à l’aise dans des situations d’inconfort. Cependant, il ne s’agit pas de se mettre au défi partout et tout le temps. Il est primordial de respecter ses besoins et de revenir dans sa zone de confort régulièrement pour se ressourcer. Il s’agit simplement de trouver le bon équilibre.

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Photo by Llywelyn Nys

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4 Comments

  • Reply Maéva at

    Merci pour cette clarification! 🙂
    J’étais très timide étant petite et j’ai réussi à m’en sortir, par exemple, prendre la parole en public ne me fait plus peur. Mais je suis introvertie donc beaucoup de personnes pensent que c’est de la timidité et me disent que je dois changer, que ce n’est pas normal et ça peut parfois devenir pesant parce que je suis bien comme ça, j’aime être seule pour me ressourcer mais ce n’est en aucun cas parce que j’ai peur du regard des autres.

    • Reply Aurélie at

      Merci Maéva pour ton commentaire 😉
      Le plus important c’est que tu fasses des choses qui te font du bien, peu importe ce que les autres en pensent !
      A bientôt 🙂

  • Reply Eric at

    Bonjour Aurélie,

    Merci pour votre article. Vous marquez bien les différences entre le timide et l’introverti. Et notamment le rôle de l’amygdale, plus développé chez l’introverti, dans le développement de l’anxiété sociale et la peur des autres. Pour résumer votre texte, un introverti reste isolé plutôt par goût alors que le timide reste isolé plutôt par peur.

    Je suis un ex-timide qui peut se reconnaître aujourd’hui dans le groupe des introvertis. Mais l’essentiel est de se défaire de la timidité ou toute autre forme d’anxiété sociale. Et travailler sur ses croyances permet d’y arriver en quelques semaines.

    Bonne journée

    Eric

    • Reply Aurélie at

      Merci pour votre retour Eric, vous avez bien cerné le sujet !
      A bientôt 😉

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